Vous le savez chez Petite Marelle, notre démarche est par essence ancrée dans l’économie circulaire. Ces mots, on les retrouve souvent dans les journaux et les émissions radio, mais sans jamais qu’ils soient réellement définis. Nous-même, nous en avions déjà parlé dans un article, mais il nous semblait nécessaire d’approfondir le sujet. Alors aujourd’hui, on s’y colle ! Tour d’horizon de l’économie circulaire.

Quelques définitions :

Selon l’Agence De la Transition Ecologique française, l’économie circulaire est un mode de production et de consommation visant à réduire le gaspillage des ressources, et ce afin de protéger notre planète et ses écosystèmes de l’impact des activités humaines. Pour cela, il est nécessaire pour nous tous de passer d’une économie dite « linéaire », c’est-à-dire produire-utiliser-jeter, à une économie dite « circulaire ». Celle-ci permettrait d’exploiter nos ressources au maximum de leurs capacités.

Un exemple tout simple, c’est le nôtre ! Nous achetons des jouets conçus de la façon la plus propre et éthique possible, et nous les louons pour une période de 3 mois, puis nous les réparons, les nettoyons et les louons de nouveau ! De cette façon, le jouet est utilisé par plusieurs familles, et sa vie n’est réellement terminé que lorsque nous ne pouvons plus le réparer et le renvoyer. Alors, ses matériaux sont recyclés.

Les 3 domaines et 7 piliers de l’économie circulaire

Les sept piliers de l’économie circulaire (ADEME)

Communément, on définit l’économie circulaire comme étant basée sur 3 principes et 7 piliers, comme le montre cette infographie disponible sur le site officiel de l’ADEME.

Ce dernier illustre le caractère circulaire de l’économie… circulaire. En effet, le recyclage de produits inutilisables permet la fabrication de matériaux, lesquels seront utilisés afin de produire de nouveaux, en utilisant le moins de ressources additionnelles possibles.

Chacun des 7 piliers, chacune des 7 grandes étapes du cycle de l’économie circulaire est pensée pour être sobre. C’est-à-dire que l’on s’efforcera de réaliser l’action nécessaire en limitant les déchets, matières inutilisées et jetées. Lorsque ce principe s’applique à la production industrielle ou agricole, à l’extraction de ressources terrestres, c’est le principe de l’« extraction, exploitation et achats durables » , comme l’indique l’ADEME.

Par exemple, un.e agriculteur.rice peut choisir de planter du gazon et divers végétaux en bordure de ses champs afin de limiter le ruissellement des eaux. Ce phénomène entraîne l’érosion des sols. Il se produit lorsque le surplus d’eau utilisé dans la production d’un produit ou service, donc un déchet, s’évacue aux alentours du lieu d’exploitation. Planter des végétaux en bordure de champ leur permet d’absorber et ainsi d’empêcher l’infiltration des eaux polluantes dans les sols ou leur ruissellement. Cette pratique fait partie des diverses méthodes d’exploitation durable.

Réduire l’exploitation et le gaspillage des ressources, cela passe aussi par la mutualisation des besoins des industries et entreprises, laquelle peut être mise en place à l’échelle locale, notamment dans les communautés de communes et les départements. La mutualisation implique des échanges (verbaux et écrits, mais aussi de ressources) et une importante coordination. C’est « l’écologie industrielle et territoriale ».

Notre dernier éclaircissement du vocabulaire utilisé par l’ADEME concerne « l’économie de la fonctionnalité ». Ce principe tend à valoriser l’usage d’un produit et non sa possession, comme c’est le cas de notre société dans son ensemble aujourd’hui. C’est notamment mis en pratique via des services de location de biens, comme nous !

On pourrait même rajouter qu’il y a même plusieurs petites boucles à l’intérieur de ce cercle vertueux ! En effet, la consommation collaborative est l’action de partager un produit ou un service entre plusieurs consommateurs. Ce peut être du troc, de la location, du partage comme le covoiturage, etc. Chaque personne utilisant le produit ou le service crée une nouvelle petite boucle.

economie circulaire

Oui mais… qu’en est-il de l’économie tout court ?

Elle ne s’en portera pas plus mal si la majorité de la population, en tous cas en France, se mettait à consommer de façon durable et raisonnée !

L’économie circulaire favorise la consommation locale, et permettrait à la France de réduire ses importations, mais aussi d’implanter de nouvelles filières sur le territoire ! Cette dernière action permettrait notamment aux industries territoriales de se prémunir des pénuries, et de faciliter leur approvisionnement en matières premières.

La filière du jouet, par exemple, n’existe pas actuellement en France, alors chez Petite Marelle, nous sommes contraints à nous procurer des jouets venant d’autres pays d’Europe et du Monde. Nous, on n’attend que ça, de pouvoir acheter des jouets produits en France et près de chez nous. Nous espérons que l’engagement croissant des acteurs nationaux dans l’économie durable amènera un jour la création de cette filière ici.

D’après un rapport de France Stratégie datant de 2016, l’économie circulaire permettait cette année-là à 800 000 personnes de travailler à temps plein.

Et le passage d’une économie linéaire et polluante à une économie circulaire et durable n’est pas synonyme de perte d’emploi pour les travailleurs.ses des secteurs traditionnels. Bien au contraire, les connaissances et compétences de ces personnes peuvent être redirigées et adaptées à ce nouveau mode de production. De plus, les emplois crées par l’économie circulaire et durable sont des emplois qui ne risquent pas d’être délocalisés un jour !

A échelle individuelle, la croissance des filières locales, de celles de l’occasion et de l’occasion sont souvent synonymes d’économies. En effet, un produit fabriqué (ou fait pousser) localement est souvent moins cher qu’un produit importé, simplement car il a nécessité moins de transport pour arriver jusque chez vous ! Aussi, la location et l’achat d’occasion sont des alternatives bon marché et éco-responsables à l’achat de neuf. C’est car un produit déjà utilisé est un produit ayant moins de valeur financière, et ce sans être de plus faible valeur fonctionnelle !

Vers une économie circulaire à échelle nationale en France ?

Oui et non ! Actuellement, les initiatives citoyennes et les entreprises suivant les principes de ce mode de consommation fleurissent : covoiturage, location de vêtements, échange de services entre voisins, les alternatives sont nombreuses !

Mais à l’échelle nationale, la mise en place d’une économie raisonnée et raisonnable est plus difficile. En effet, ces dernières années s’est révélée la complexité que représente la mise en place et le respect d’actions concrète visant à changer la façon de produire et de consommer au sein du système globalisé qui est le nôtre.

Néanmoins, le gouvernement français a, en 2018, publié « La feuille de route de l’économie circulaire », laquelle propose des buts et objectifs à long terme, à noter qu’aucun d’entre eux n’est obligatoire. Elle s’accompagne de la mise en place d’espaces dédiés à l’échange entre les différents acteurs mondiaux : entreprises, Organisations Non-Gouvernementales, collectivités territoriales.

Parmi ces objectifs, on retrouve par exemple : la réduction de 50% des déchets non-recyclés ; le 100% plastique recyclé ; la réduction de l’émission de gaz à effet de serre ; une baisse de la consommation de ressources et la création de 500 000 emplois.

Si cette feuille de route n’édicte que des objectifs, ces derniers ont tout de même été édicté en tant que loi.  En effet, la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire grave dans le marbre la volonté du gouvernement français de s’engager pour le respect et la protection de la planète.

Finalement, et même si le chemin est encore long, des améliorations se font ressentir, et les initiatives novatrices sont porteuses d’espoir.

Bien sûr, certaines contraintes pèsent encore sur les producteurs, les petites entreprises et les consommateurs. En attendant, chez Petite Marelle, on a décidé d’apporter notre pierre à l’édifice de l’économie circulaire !